Six sculptures et un bloc d'images de Mathias Le RoyerDepuis 2004, le FRAC a organisé plusieurs occasions de mettre le public en présence de l’œuvre en développement de Mathias Le Royer :
2004, résidence au lycée Loewy, La Souterraine ;
2006, installation dans la grange à courbes, Saint Fréjoux ;
2007, exposition Les incontournables, sculptures de la collection du FRAC Limousin.
Aujourd’hui, cette exposition fait le point sur l’évolution récente de son travail.
Basée sur des principes de recherche issus de l’Antiform, du Process Art et de l’Arte Povera (tendances de l’art des années 70 où les qualités intrinsèques des matériaux sont mises à l’épreuve), sa sculpture est souvent marquée par l’absence, le suspens et la fragilité, et explore les frontières de l’image et de la matérialité.
A considérer l’ensemble des sculptures présenté, on perçoit cette même quête de la reconstitution de fragments de paysages. Les échelles vont de la maquette à l’objet urbain, c’est à dire à l’échelle 1 de la ville. Les matériaux sont choisis pour leur légèreté, leur couleur (beaucoup d’ocres et de bruns : le carton, la sciure, la terre) et leur lumière. La mise en œuvre est souvent lente, minutieuse et précise, tout en gestes répétés; on pense à des procédés de sédimentation. Toutes les œuvres, issues de manipulations, tendent également vers des formes imagées, souvent schématiques, qui maintiennent le regard en équilibre, entre abstraction et signe identifiable. Toutes s’étalent, prennent appui ou lévitent sur le sol (même le relief mural participe du même principe mis à la verticale, en quelque sorte). A parcourir ce paysage reconstitué, l’artiste nous encourage à bien regarder où on met les pieds, à guetter les détails sous nos pas et à reconsidérer avec attention notre environnement de tous les jours. A qui sait prendre le temps de dériver et de s’arrêter, le quotidien banal pourrait encore réserver bien des surprises.