Les amis du FRAC Limousin

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Narrative, critique, libre,...
Figurations des années soixante aux années quatre-vingt
Œuvres des collections du FRAC et de l’Artothèque du Limousin

Exposition du 18 novembre 2011 au 10 mars 2012


  • Vernissage : jeudi 17 novembre 2011 à 18h

  • Les rendez-vous de l'exposition :
    > Lectures de l’exposition : de 18h30 à 19h30 - entrée libre
    jeudi 8 décembre 2011 : par Yannick Miloux, Directeur du FRAC Limousin
    jeudi 26 janvier 2012 : par Olivier Beaudet, chargé des publics à l’Artothèque du Limousin

    > rencontre avec Henri Cueco samedi 18 février reportée au samedi 25 février 2012 :
    15h : salle de conférence à la BFM de Limoges (2 place Aimé Césaire),
    puis visite commentée au FRAC Limousin à l'issue de la rencontre.
    Télécharger plus d'info

    > Décrochage ! samedi 10 mars 2012
    Empruntez une œuvre de la collection de l’Artothèque du Limousin. Réservez votre œuvre pendant la durée de l’exposition.
    Entrée libre de 14h à 18h, visite accompagnée de l’exposition à 16h.


Gilles Aillaud, Karel Appel, Jean-Charles Blais, François Boisrond, Nina Childress, Robert Combas, Coopérative des Malassis, Corneille, Henri Cueco, Hervé Di Rosa, Martin Disler, Equipo Cronica, Erro, Gérard Fromanger, Gérard Garouste, Fabrice Hyber, Louis Jammes, Peter Klasen, Tetsumi Kudo, Loïc Le Groumellec, Jacques Monory, Michel Parré, Ramon, Martial Raysse, Paul Rebeyrolle, Antonio Recalcati, Gérard Schlosser, Peter Stampfli, Hervé Télémaque, Gérard Tisserand, Roland Topor.
 


Après avoir abordé les relations entre la peinture et la photographie, puis l'évolution de l'art géométrique abstrait (1), nous poursuivons notre investigation dans le domaine pictural en nous intéressant à l'évolution de la peinture figurative, notamment en France, des années 1960 aux années 1980, à partir des collections du FRAC et de l’Artothèque du Limousin.

Il s’agit de proposer au public, notamment aux jeunes générations, une relecture iconographique de cette période pour comprendre en quoi un certain nombre d’artistes se sont intéressés aux images - interroger leurs sources, apprécier leurs méthodes de manipulation et de détournement - et de poser la question de leur réponse individuelle ou collective(2) à un contexte médiatique en augmentation mais pas encore aussi saturé qu’aujourd’hui.

En France, un nouveau courant pictural apparaît au milieu des années soixante, en réaction à la situation générale de la scène artistique largement dominée depuis l’après guerre par la peinture abstraite. D’abord nommée Nouvelle Figuration puis Figuration Critique, cette tendance s’affirme lors de l’exposition « Mythologies Quotidiennes » (1964, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris) organisée par les peintres Bernard Rancillac et Hervé Télémaque avec le critique d’art Gérald Gassiot-Talabot. Elle prendra ensuite l’appellation de Figuration Narrative en 1967, sous la plume du même critique qui la définit ainsi : « Est narrative toute œuvre plastique qui se réfère à une représentation figurée dans la durée, sans qu’il y ait toujours à proprement parler de récit… »(3). Travaillant à partir de l’image photographique ou cinématographique, de l’imagerie publicitaire, du roman-photo, de la bande dessinée, les artistes détournent les significations de ces représentations pour en révéler des sens inattendus, suggérer d’autres narrations, montrer leurs implications politiques.

Au début des années 1980, un peu partout en Europe et aux Etats-Unis, une nouvelle génération de peintres s'impose dans les galeries et les musées à travers des expositions importantes et très médiatisées (4).

Durant l’été 1981, l’artiste Ben invite Robert Combas et Hervé Di Rosa à exposer dans sa galerie de Nice et lance l’appellation « figuration libre ». Combas en parle ainsi : « Pour moi, une toile peut être influencée par des publicistes naïfs africains, par l’illustration de livres d’école primaire, mélangée à Picasso ou à Miro ou alors, un dessin genre BD, plus des fausses écritures arabes, plus une peinture brute, très Dubuffet ou COBRA. La figuration libre est une peinture qui ne renie pas ses instincts primitifs et une volonté de culture. Comme Jules Verne, sans sortir de chez moi, je suis allé à Tombouctou. » (5).

Le mouvement prendra rapidement de l’ampleur en étant relayé par de nombreuses expositions internationales et des critiques d’art influents à l’époque (Bernard Lamarche-Vadel organise l’exposition « Finir en Beauté » en 1981 et Hervé Perdriolle publie « Figuration Libre, une initiation à la culture mass medias » en 1984).

Au-delà des regroupements formulés par les critiques d’art relayés par des appellations plus « commerciales », une sorte de « valse des étiquettes », il paraît intéressant de se replonger aujourd’hui au cœur des oeuvres conçues par ces artistes pour proposer une relecture attentive à l’évolution des mythologies des années soixante aux années quatre-vingt. Durant ce laps de temps, le quotidien a changé, la vision des artistes aussi. Certains thèmes demeurent (l’argent, le pouvoir, la violence, la guerre, la religion, l’amour sont des thèmes (éternels) très présents dans l’exposition), la façon de les aborder peut évoluer ; on remarquera ainsi la présence fréquente des animaux, de la meute de Cueco au lézard d’Aillaud, ou aux lapins jaunes de Combas, comme métaphore de la condition humaine.

Organisée à rebours, l’exposition présente d’abord les œuvres des années 80 puis remonte le temps jusqu’aux années soixante, permettant un éclairage approfondi sur cette période. Elle permet les rapprochements thématiques et stylistiques (les façons de peindre). Elle veut également donner à voir des œuvres collectionnées par le FRAC et l’Artothèque dans leur période de constitution, 1983 pour l’un, 1986 pour l’autre. On pourra y voir une sorte de préambule à l’anniversaire des trente ans du FRAC dont le programme « officiel » débutera à l’automne 2012.

Y. Miloux


(1) par le biais des expositions Photopeintries « Comment peindre après Picabia et Richter? » et « Pharmacies », puis « Au-delà de la géométrie: art concret, minimal, sériel », « Néo-Géo & Cie » et « Electro-géo »
(2) il faut rappeler que l’époque était aux collectifs d’artistes – la fameuse Coopérative des Malassis, le groupe espagnol Equipo Cronica, l’assassinat symbolique de Marcel Duchamp par Aillaud, Arroyo et Recalcati, réactivant la méthode surréaliste du cadavre exquis - dont on trouvera trace pour les années 80 chez les Frères Ripoulin, le groupe Bazooka, les Musulmans Fumants…
(3) dans le catalogue « Bande dessinée et Figuration narrative », Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 7 avril – 12 juin 1967
(4) notamment les Neue Wilde (Nouveaux fauves : Baselitz, Penck,…) en Allemagne, La Trans-avangardia (Transavantgarde : Chia, Clemente, Paladino…) en Italie, Bad Painting (Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, David Salle...) à New York, La Figuration Libre (Blais, Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa...) en France.
(5) Robert Combas in catalogue « L’air du temps », Galerie d’art contemporain des musées de Nice, février – avril 1982
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Martial Raysse Martial Raysse..
Le cheval ou la nuit de Noël, 1980
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Acrylique sur panneau, 80 x 120 cm..
Collection FRAC Limousin..
© ADAGP, Paris / Photo : Guy Gendraud..


Gérard Garouste
Gérard Garouste
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Sainte Thérèse,
1983
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Huile sur toile, 200 x 300 cm..
Collection FRAC Limousin..
©Adagp / Photo : Galerie Durand-Dessert..


Henri Cueco
Henri Cueco
..
L'escalade, vers 1973 - 1974..
Acrylique sur toile libre, 220 x 500 cm..
Collection FRAC Limousin..
©Adagp / Photo : Gilles Perrin..


Jean-Charles Blais
Jean-Charles Blais
..
Sans titre, 1986..
Glycéro sur affiches arrachées, 198 x 210 cm..
Collection FRAC Limousin..
©Adagp, Paris / Photo : Jacques Hoepffner..


Ramon
Ramon
..
Sans titre, 1965..
Sérigraphie sur papier, 100 x 71 cm..
Collection FRAC Limousin..
©DR..

 


  • Exposition en partenariat avec l'Artothèque du Limousin :
    27, boulevard de la Corderie - 87 031 Limoges cedex
    tél.: 05 55 45 18 20
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