Collection en mouvement, Fabriques d’images, Tarnac

Les Petites Maisons

Place de l'Église, 19170 Tarnac

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Exposition du 21 août au 25 septembre 2019

Lundi 26 août 2019 à 18h : présentation de l'exposition

Hippolyte Hentgen

 

Hippolyte Hentgen, De la série 1, 2, 3, 2017
Collage sur papier, 43 x 32,5 cm
Collection Artothèque du Limousin
© Adagp, Paris / Photo : Galerie Sémiose

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Trois artistes de génération différente sont réunis autour de la question de la fabrication des images. Les premières œuvres d’Henri Cueco datent des années 1960 – période de l’émergence du Pop Art, et en France, de la Figuration Critique – celles de Di Rosa sont apparues au début des années 1980, au moment d’un retour de la peinture figurative, en France la « Figuration Libre », et les premières recherches à quatre mains d’Hippolyte Hentgen datent des années 2000. Cette sélection d’œuvres couvre près d’un demi-siècle où les images médiatiques n’ont cessé de se développer de façon exponentielle. Cette exposition vise à explorer la manière dont ces artistes se sont emparés (et s’emparent toujours) d’images préexistantes pour en fabriquer de nouvelles.

Difficile de résumer l’œuvre et le parcours d’Henri Cueco (1929/2017). Selon les repères biographiques mis en ligne par sa galerie, « le thème permanent, récurrent de son travail est le rapport de l’homme avec la nature. Contrairement à de nombreux artistes de sa génération, il est préoccupé par le rôle social de l’artiste et par la réalisation d’une peinture qui ne se satisfait pas d’être une déclinaison de la peinture elle-même.» (1)
Des lithographies issues des premières séries réalisées entre 1965 et 1976 (Les Hommes Rouges, Jeux d’Adultes, Les Chiens) permettent de montrer à la fois les thèmes chers à l’artiste et les « systèmes de formes » développés qui puisent à différents styles.
« Les thèmes, dit-il, sont ceux que j’emprunte, que je vole à l’imagerie la plus plate, celle des cartes postales ou des couvercles de boîtes de bonbons, paysages pour touristes avec monuments, fontaines et parcs, paysages de nostalgie campagnarde avec moutons et vaches…».(2) A propos de sa façon de peindre, il précise : « Ce nouveau système de formes, en approfondissant ma relation avec l’image photo, me permet un jeu plus étendu entre l’image comme restitution de la vie et mémoire de ce qui est mort. Le jeu en surface n’est plus bloqué aux seuls éléments de la toile; les procédés de mystification sont repris sans y croire, caressés et apprivoisés en pointillé ou en dégradé de confiserie, pour être finalement détournés et atomisés, réduits en particules ou en cendres. L’émiettement et le saupoudrage se reconstituent, l’image fait sens et remet au présent cet imparfait – la photo c’est l’imparfait de l’image – en l’acceptant comme image revivifiée de la mort ». (3)

Né à Sète en 1959, Hervé di Rosa apparait sur la scène artistique au début des années 1980, au moment du renouveau de la peinture figurative connu, en France, sous l’appellation « Figuration Libre ». Le recours à des images non traditionnelles, simples, très colorées et illustratives, images liées aux codes de la bande dessinée, forge son premier répertoire.
A partir de 1993, Hervé di Rosa entreprend un tour du monde au cours duquel il réalise sur place une série de travaux utilisant les cultures et les modes d’expression de chaque pays où il séjourne : 1993, Bulgarie ; 1994, Ghana ; 1995, Bénin ; 1996, Ethiopie ; 1996, Viêt Nam ; 1997, Afrique du Sud ; 2000, Mexique ; 2002, Floride (USA) ; 2003, Cameroun …
A côté d’œuvres des années 1980 proches de la bande dessinée, d’autres réalisées lors des premières étapes de son tour du monde sont présentées. Elles donnent à voir des sujets quotidiens traités selon des techniques vernaculaires (sérigraphies sur fonds préparés à la laque arrachée lors du séjour au Viêt Nam, bois gravés au Ghana, …) et montrent certains développements d’une démarche à la fois singulière et collective (4). Dans un texte paru en 1996, Henri Cueco insiste : « La rencontre avec les icônes bulgares ou l’art africain produit un étrange syncrétisme d’images qui ne se donne pas le temps des amalgames aménagés par l’histoire. C’est lui, au culot, qui regarde, transforme, mêle le passé vénérable et figé et la modernité iconophage ». (5)

Depuis 2007, année de leur rencontre et de leurs premiers dessins à quatre mains, Gaëlle Hippolyte et Nina Hentgen (nées en 1980 et 1977) opèrent sous le nom d’Hippolyte Hentgen, soit un artiste fictif – une troisième personne - qui produit dessins, collages, films, sculptures, installations et performances scénographiques à partir d’images et de documents venus de la culture de masse, « posters, dessins animés, packagings, motif de vêtements des années 1980-1990, mais aussi détails d’oeuvres importantes pour nous». (6)
Les trois collages présentés témoignent des sources, des répertoires d’images utilisés et de leurs altérations. Le premier, de la série « Documents » (2016), aligne sur un fond délicat de papier rosé, selon un ordre plutôt régulier, des images plus ou moins anciennes de provenance diverse. Chaque image de départ devient l’arrière-plan d’une autre qui se superpose par-dessus, souvent de manière incongrue. Si l’on repense à la fameuse technique du cadavre exquis utilisée par les surréalistes en leur temps, force est de constater qu’Hippolyte Hentgen pousse l’effet de surprise jusqu’à en faire un véritable système de production, méticuleusement présenté ici sous la forme d’une page d’album, sage comme un herbier.
Les deux autres collages de la série 1, 2, 3, datent de l’année suivante et s’appuient sur un triple procédé de superposition. Une première image devient le fond d’une autre, qui elle-même devient le support d’une troisième, avec en chemin des découpes, effets de pochoirs et autres transparences qui font qu’au final, le regard ne sait plus très bien sur quoi se focaliser. Un peu comme si les images successivement ouvertes sur nos écrans d’ordinateur changeaient de consistance et fusionnaient sous nos yeux.

 

Notes :
(1) Voir le site de la galerie Louis Carré et Cie
(2) Corinne Lyotard et Catherine Masson : « Une peinture ambivalente », in « Figurations 1960/1973 », UGE 10/18 1973, p. 283
(3) Ibid. p. 291 et 292
(4) Emblématique de cette façon de faire, une exposition dans la galerie new-yorkaise Haim Chanin Fine Arts en 2005 s’intitula : « Hervé Di Rosa. The Solo Group Show ».
(5) Henri Cueco : « Hervé Di Rosa, l’iconophage » in « Livres, estampes & voyages, Hervé Di Rosa, Editions 1981-96 », éd. Artothèque du Limousin, Centre culturel de Marchin, Pays-Paysage 1996, p. 10
(6) « Hippolyte Hentgen », éd. Sémiose, Paris, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les sables d’Olonne, 2015, p. 14

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